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Fabienne Fety, psychologue clinicienne

Fabienne Fety est diplômée de l'université Paris Diderot où elle a obtenu un DAEU puis une licence et un master de psychologie. Elle nous raconte les étapes de cette reconversion professionnelle réussie.

Quel a été votre parcours ?

J'ai passé deux fois mon baccalauréat à l'âge de 17 et 18 ans mais sans succès. J’étais très peu motivée et je n’avais pas d’idée de ce que je voulais faire après mes études. J’avais ce que l'on appelait alors un  "niveau Bac".
J'ai travaillé dès l'âge de 18 ans dans la viticulture en province, puis à l'âge de 37 ans, j'ai rejoint Paris dont je suis originaire, pour intégrer une grande entreprise de transports dont je fais encore partie à ce jour.

Pour quelles raisons avez-vous souhaité reprendre des études ?

Mon travail personnel et surtout les retrouvailles après 30 ans avec une amie de collège devenue médecin m'ont insufflé l'impulsion et la confiance qui me manquaient sans doute pour débuter une formation qui me plaisait. Cela m’a permis d’envisager une reconversion dans un métier qui me correspondrait mieux.

Que vous a apporté cette reprise d'études ? Quelles ont été les incidences sur votre carrière ?

J’ai découvert un univers inconnu qui m’a beaucoup plu. A peine arrivée à Paris Diderot, je m'y suis sentie bien. L’envie d'apprendre et les rencontres humaines que ce soit avec les étudiants, les professeurs, le personnel ou l’administration ont fait de ce parcours un moment magique. Bien entendu, les étapes franchies avec succès ont été aussi très gratifiantes et m'ont confortée dans l'idée de devenir psychologue.
Ma hiérarchie proche et mes collègues m'ont toujours soutenue dans ce chemin qui a duré 7 années. J’ai dû travailler 6 ans en parallèle de mes études. J’avais des horaires décalés grâce à mon métier et cela m’a permis de mener à bien ce projet. La septième et dernière année, je me suis uniquement consacrée à mes études grâce à un congé individuel de formation (CIF). Comme je n’avais pas le baccalauréat, il m’a fallu passer un diplôme d’accès aux études universitaires (DAEU). Par ailleurs, j’ai passé mon année de master 2 en deux ans. En effet, il était nécessaire pour le valider d’effectuer un stage et ces deux années ont été nécessaires pour tout concilier : travail, études et stages.  Mes journées ne comportaient que 24 heures !

Comment avez-vous connu l’université Paris Diderot ?

Je cherchais une université pour passer mon DAEU A. L’université offrait un large éventail de cours dont des cours de psychologie et de philosophie, ce qui me semblait un plus pour aborder des études de psychologie. Les personnes en reprise d'études y bénéficient également d’aménagements qui permettent de concilier vie professionnelle, obligations familiales et études. De plus, je souhaitais m'inscrire à l’université Paris Diderot car l’enseignement délivré par l'UFR d'Etudes Psychanalytiques me semblait tout à fait correspondre à mon projet.

Quels souvenirs gardez-vous de cette reprise d’études ?

De très bons souvenirs ! Dès le début et les premiers tests pour m'inscrire au DAEU, je m’y suis sentie comme chez moi. Les professeurs y sont très bons. Ils m’ont donné confiance en moi et m’ont convaincue qu’il était possible d’obtenir l’équivalent du baccalauréat même à 44 ans ! Ce fut aussi le début de belles amitiés qui perdurent encore aujourd'hui car ces personnes ont suivi le même parcours que moi et sont aujourd'hui également psychologues. Mais ce fut aussi l'occasion de rencontrer à partir de la licence 1, de jeunes bacheliers qui ont fait le parcours à nos côtés ainsi que des reprises d'études qui se sont intégrées au fur et à mesure des années. Nous nous sommes mutuellement beaucoup apporté.

Quels conseils donneriez-vous à une personne qui s’interroge sur la reprise d’études ?

Je pense que le meilleur conseil c'est de ne pas se poser trop de questions et de se lancer si l’on en a vraiment l'envie. Le parcours est long et difficile, de nombreux questionnements et doutes s'installent mais il faut passer outre et continuer. Il faut se dire que l'on est jamais seul dans ce parcours et que ceux qui le désirent peuvent faire appel à des tuteurs pour être accompagnés. 
​Avec le recul et malgré la fatigue et les doutes qui ont émaillés ces 7 années, je ne regrette en rien mon choix de reprise d'études et si je devais recommencer je le ferais sans hésiter. Cela apporte beaucoup personnellement et humainement !