TEMOIGNAGE
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Boris Hansel, médecin nutritionniste-endocrinologue à l'université Paris Diderot

Boris Hansel, nutritionniste-endocrinologue nous parle de ses deux spécialités et décrypte les enjeux de la e-santé d'aujourd'hui et de demain.

Quel est le lien entre vos deux spécialités, l'endocrinologie et la nutrition ?

Sur le plan médical, il existe des recoupements entre les deux spécialités et notamment l’existence de pathologies communes. La prise en charge du diabète est l’exemple significatif d’une pathologie qui peut être vue sous l’angle de la nutrition ou de l’endocrinologie. Le traitement du diabète passe avant tout par un traitement nutritionnel et ensuite par des médicaments qui agissent sur le système hormonal. Jusqu’à présent, sur le plan universitaire, ce sont deux spécialités indépendantes : on peut être nutritionniste sans être endocrinologue et inversement. Aujourd’hui, du fait des recoupements entre les deux domaines, beaucoup d’endocrinologues font de la nutrition et vice et versa. Nous tendons donc vers une formation commune puisque depuis 2017, il faut passer par une formation d'endocrino-nutritionniste pour exercer l’une ou l’autre de ces spécialités.

Quelle est la plus-value de votre double-casquette d'enseignant à l’université Paris Diderot et de praticien à l’hôpital Bichat?

Quand on a le statut de médecin hospitalo-universitaire, on a la chance de pouvoir varier ses activités et de se perfectionner dans plusieurs domaines. Quand on soigne des patients, il faut pouvoir mettre en permanence ses connaissances à jour. Il n’y a rien de mieux qu’enseigner soi-même pour perfectionner ses connaissances. Inversement, quand on enseigne, il faut avoir une expérience clinique, pour que l’enseignement soit vivant. L’expérience acquise en soignant des patients à l’hôpital permet justement d’améliorer notre manière d’enseigner. Les deux activités, de soins à l’hôpital et d’enseignement à l’université s’enrichissent donc mutuellement. Enfin, il y a dans notre activité le volet recherche pour lequel le fait de s’occuper de patients est une grande richesse. Cela donne des idées, aide à formuler des hypothèses et des objectifs de travaux scientifiques.

Vous venez de créer avec le Professeur Patrick Nataf un diplôme universitaire en santé connectée. Pour quelles raisons avez-vous créé ce diplôme ?

Depuis plusieurs années, nous voyons apparaître un grand nombre de services dans le domaine de la santé connectée : applications, objets connectés, prise en charge de patients à distance notamment avec la télémédecine,… donc de nouvelles manières de pratiquer la santé. Ces technologies ne modifient pas la médecine en elle-même mais la manière de la pratiquer. Pour faire de la e-santé, il est essentiel de comprendre les enjeux à la fois juridiques, techniques, médicaux et économiques. C’est une organisation des soins qui implique des connaissances pluridisciplinaires et un travail en équipe. En formation initiale, il n’y a pas aujourd’hui d’enseignement portant sur la e-santé. Ce diplôme universitaire vient pallier ce manque pour tous ceux qui ont terminé leurs études. Il s’adresse à des profils très variables, depuis l’interne en médecine jusqu’au "startupers" en passant par des cadres administratifs, des soignants paramédicaux, des ingénieurs et des juristes. L’enseignement du DU combine une approche théorique et une mise en pratique. L’accompagnement d’experts permet aux stagiaires d’avancer et de formaliser leurs propres projets. Il s’agit de la seule formation pratique universitaire dans le domaine de la e-santé dispensée en e-learning donc adaptée à un public de professionnels en activité.

Comment la e-santé impacte-t-elle votre métier ? Comment voyez-vous la e-santé de demain ?

Pour le moment la e-santé ne change pas la médecine elle-même, mais elle permet d’organiser différemment la prise en charge médicale et paramédicale. Elle ne se substitue pas à une médecine conventionnelle mais elle optimise la prise en charge. Certains ont peur de la déshumanisation qu’elle entraîne. Je pense le contraire. Tout d’abord, elle vient pallier le manque de moyens et de temps des médecins. Le temps accordé à la consultation est de plus en plus court. Ue partie du suivi du patient peut donc se faire de façon automatisée et on gagne ainsi du temps ! Et ce gain de temps permet d’améliorer la relation médecin-patient : plutôt que de passer du temps sur des aspects techniques, le soignant peut avoir un véritable échange verbal et visuel avec son patient, et parler avec lui des choses vraiment importantes que la e-santé ne peut pas résoudre seule. La e-santé se révèle aussi être une solution efficace face au problème des déserts médicaux avec la télémédecine. Enfin, à plus long terme et grâce au développement du recueil de données à grande échelle, elle permettra l’amélioration des techniques de diagnostics et de thérapeutiques et fera donc évoluer la médecine elle-même.

DU : Enseignement pluridisciplinaire en santé connectée

La santé connectée révolutionne la médecine de demain

La seconde promotion du diplôme universitaire de santé connectée va être lancée ! Découvrez le bilan de la 1ère année et les nouveautés pour 2019 avec les fondateurs du DU : le Pr Patrick Nataf et le Dr Boris Hansel.

Service de la formation professionnelle et continue

Le Service de la Formation Professionnelle et Continue est situé au 1er étage de l'Aile C du Bâtiment des Grands Moulins.

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